Une mine d'or
 

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Le 3 juin 2008

Une mine d'or

Surpris 

Le président G.W. Bush agit comme un nouveau converti. Il s’intéresse dorénavant activement au réchauffement climatique et propose de prendre le leadership de nouvelles négociations internationales pour le combattre. Lui, qui est opposé aux critères de l’accord de Kyoto sur le sujet, veut maintenant, à ce qu’il dit, réunir les quinze plus grands pays-pollueurs de la planète, dont la Chine et l’Inde, pour qu’ils développent, ensemble, une stratégie globale face au changement de climat.  

Ce qui surprend, c’est que Bush accepte maintenant, ce qu’il a toujours refusé, de fixer, éventuellement, des objectifs nationaux pour les réductions. De plus, il propose d’investir massivement dans les nouvelles technologies où se trouvent, dit-il, les vraies solutions au danger qui guette la terre. C’est son nouveau dada.  

Comment le croire ? Comment ne pas penser qu’il n’agit que pour répondre aux nombreuses pressions qui lui viennent constamment de toutes directions ? Veut-il atténuer la clameur du milieu des affaires de son pays, du congrès américain, des gouverneurs comme Arnold Schwarzenegger de la Californie, ou de ses plus proches pays alliés, européens et autres, qui n’ont cessé de réclamer désespérément que les USA deviennent le leader de cette croisade vitale pour l’humanité adoptée à Kyoto ?  

Agit-il simplement, aussi tardivement, pour leurrer les gens et chercher à faire monter sa cote de popularité qui est aux enfers ?  Craint-il d’être isolé à la réunion du G8, de la semaine prochaine en Allemagne, où le sujet principal de ce sommet, présidé par la chancelière allemande Angela Merkel, sera le réchauffement climatique ? Ou, ne veut-il que favoriser les Américains ?  

Autant de questions, autant de doutes ! 

Le changement dans son discours est important. Alors que Bush a toujours dit que les changements climatiques étaient naturels, il reconnaît maintenant qu’ils sont créés par l’homme. De plus, il veut que le nouveau groupe de pays établisse une stratégie commune d’ici 18 mois.  C'est un drôle d'hasard car cela coïncide avec son départ de la Maison Blanche. 

Il laissera donc au prochain président le fardeau de la réalisation de cette nouvelle initiative. Quant à lui, alors, il pourra toujours dire qu’il avait à cœur le combat contre le réchauffement climatique de la planète.  

De son côté, le président Sarkozy, dans son premier discours le soir de son élection, a dit qu’il voulait persuader le président américain de prendre ses responsabilités et de devenir le leader dans le domaine du réchauffement climatique,  Cela coïncide avec ce que Bush vient d’annoncer (un autre hasard ?).

De plus, suite à une rencontre, ces jours-ci, avec l’ex vice-président américain Al Gore, Sarkozy a promis d’être le prochain porteur du flambeau pour contrer le réchauffement de la planète. Ce sera intéressant de suivre la rencontre du G8 pour voir l’interaction des participants et particulièrement le rôle que jouera le président français.. 

Quant à notre PM canadien Stephen Harper, qui agit comme le p’tit chien de Bush sur ce sujet, j’espère qu’il saura se joindre à ceux qui comprennent que notre terre est en danger et qu’il faut agir tout de suite.

Je me méfie de Bush car je présume qu’il pressent surtout « une bonne affaire » dans le problème du réchauffement climatique. Pour lui, c’est une opportunité extraordinaire qui s’offre à son pays dans le domaine des nouvelles technologies vertes.

Il sait que les USA possèdent la force créatrice, la recherche exceptionnelle, la puissance économique et les industries innovatrices pour découvrir ces technologies et qu’ils deviendront le premier producteur mondial de nouveaux systèmes et équipements capables de réduire appréciablement les gaz à effet de serre. Ils les vendront partout sur la planète car la demande sera très grande.  

Bush manque de crédibilité avec sa nouvelle proposition car il n’a rien fait dans son propre pays, jusqu’à ce jour en rapport ce sujet. À mon avis, il ne fait que parler pour parler, gagner du temps et camoufler sa vision réelle tout en ménageant ses relations avec ses alliés et l’Europe en particulier.  

Il a découvert une mine d’or pour les Américains qui seront les grands bénéficiaires économiques du combat contre le réchauffement climatique malgré qu’ils aient fait beaucoup pour le créer et si peu, à ce jour, pour le réduire, et il agit en conséquence.  

Claude Dupras