Un mauvais maire?
 

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mardi 10 juillet 2007

 

un mauvais maire ?

Surpris


À lire les journaux et suivre les médias télévisés on croirait qu’à Montréal on a un mauvais maire.

 

L’assaut médiatique de Gilbert Rozon, le promoteur du « Festival Juste pour Rire », contre le maire Gérald Tremblay est un évènement rare. De plus, il est suivi d’autres joueurs du milieu des affaires de la promotion touristique qui viennent ajouter leur brin de fiel. D’autres, gênés par cette étalage sur la place publique d’insinuations méchantes envers le premier magistrat de notre ville, sont plus réservés et marquent le pas avec un langage plus diplomatique. Ils donnent, quand même, l’impression qu’ils sont frustrés par rapport aux actions du maire. Au total, c’est inédit.

 

Le maire répond simplement en affirmant que ces accusations sont « injustes ».

 

Mais qu'en est-il vraiment ?

 

L’évènement récent qui a instigué ces charges furieuses est la volonté de l’administration municipale de se faire rembourser les frais de la sécurité policière qu’elle doit fournir lors de la tenue des festivals, du Grand Prix, etc… Cela se fait ailleurs et elle voudrait bien que cela se fasse à Montréal. Prise dans une spirale d’augmentations de dépenses municipales, la ville n’a vraiment pas le choix. J’ai exprimé mon appui à cette décision, car j’ai la conviction qu’elle n’affectera pas les activités festivalières et sportives de notre ville.

 

Les menaces que profèrent certains intervenants, comme Rozon qui dit vouloir déménager son festival à Toronto, ne sont que des paroles irresponsables et une insulte à l’intelligence des Montréalais.  Comment peut-on croire que le « Festival juste pour rire » en français pourra attirer beaucoup de monde dans la ville reine ? N’est-ce pas de la bouillie pour les chats !

 

Le malaise qui s’exprime actuellement a pris racines dans l’annulation du projet de relocalisation du casino de Montréal au bassin Peel dans le bas de la ville. Ce projet de promoteurs, qui avaient enrôlé le Cirque du Soleil, a été arrêté grâce à la contestation de groupes communautaires qui s’opposaient aux dangers du jeu pour la population qu’ils représentent.

 

J’ai appuyé sur mon blog, à ce moment-là, les groupes communautaires en exprimant l’opinion suivante : « Que fait-on des milliers de joueurs invétérés qui ont développé, à cause de ce casino. la maladie du jeu. Après avoir tout perdu, ce sont leurs proches, femme et enfants, qui en souffrent profondément. Que fait le Québec pour contrer ce fléau grandissant. Peu, sauf  offrir une aide psychologique à de tels joueurs. La vraie solution est la fermeture du casino et des salles de « slot machines ».

 

Mais il ne faut pas rêver en couleur, car un telle politique ne se concrétisera pas de sitôt, puisque le gouvernement a besoin des revenus du jeu, même s’il ne veut pas l’admettre. Cette situation est triste. Il faut donc se battre pour limiter les dégâts et empêcher que le casino grandisse et devienne plus attrayant. Cette bataille se situe sur plusieurs fronts : le gouvernement doit arrêter toute publicité pour inciter les gens à jouer et il doit empêcher le développement des endroits de jeu. Assez, c’est assez ! ».

 

Heureusement, les groupes communautaires ont gagné cette bataille et plusieurs personnes du monde des affaires n’ont pas encore digéré leur revers. Ils blâment, aujourd’hui, le maire Tremblay d’inaction et pourtant celui-ci avait supporté et défendu vivement le projet de relocalisation du casino. Je l’avais critiqué pour cette attitude.

 

Les hommes d’affaires oublient que c’est le président du Cirque du Soleil qui a finalement décidé de se retirer du projet. Il avait compris, lui. Depuis, ils ne manquent pas une occasion pour dénoncer l’importance de l’opinion des groupes communautaires chez nos hommes politiques et dans les médias.

Certains ont même affirmé, cette semaine, que la situation s’améliore puisque les groupes communautaires prennent actuellement moins de place dans les médias. Cette affirmation démontre bien que les critiques des gens d’affaires sont sabs fondements. Car si ces groupes sont moins présents, c’est qu’ils s’élèvent lorsque cela compte et non pas pour des riens.

 

Le développement à Montréal est important mais pas à n’importe quel prix. Les plus grandes villes du monde ont compris ce principe et leur croissance remarquable a, entre autres, amélioré la qualité de vie de leurs citoyens.  

 

Quant au maire Tremblay, je ne suis pas prêt à l’attaquer frivolement ni à lui donner la communion sans confession. Mais il devra se montrer plus dynamique pour assurer que les projets qui méritent d’être développés, le soient.

 

Qu’il prenne exemple chez le maire Drapeau, qui en 1982, alors que le ciel de Montréal était clair de grues de construction, a réussi à convaincre des investisseurs de prendre le risque de construire des bâtiments à bureaux le long de l’avenue Président Kennedy et la rue Sherbrooke. Drapeau avait tout fait à l’hôtel de ville pour assouplir les règlements, accélérer les autorisations et collaborer avec les services de la ville pour convaincre les promoteurs de relancer l’économie de Montréal. Il a réussi.

 

J’espère que le maire Tremblay fera de même.

 

J’espère aussi que ceux qui élèvent leurs voix actuellement seront plus réalistes et honnêtes avec les Montréalais. Ils agissent comme s’ils ne connaissaient pas l’histoire récente de Montréal et défendent leur cause en ne tenant compte que de leurs intérêts propres et en attaquant injustement le maire.  

 

Ils oublient, ou ne savent pas, qu’une ville, c’est l’affaire de tous ses citoyens.   

 

Claude Dupras