Le 24 octobre 2008
Sarkozy, De Gaulle et nous
Suite à mon blog « Sarkozy, le nouveau De Gaulle » j’ai reçu plusieurs commentaires de mes lecteurs. Parmi eux, j’ai échangé une correspondance avec une internaute et je pense utile de reproduire ici nos derniers échanges.
Bonjour à vous M. Dupras,
Et je vous réitère que Sarkozy n'a rien d'un grand De Gaulle. Il faut avoir lu un peu sur la vie de De Gaulle pour savoir qu'il ne s'agissait aucunement d'un faux pas en 1967. Son message nous appelait, en tant que peuple, à l'élévation. Il savait de quoi il parlait lui. Rappelez-vous son message au Français ce fameux 18 juin 1940.
Alors que le message de Sarkozy est plutôt de même nature que celui de Pétain, c.a.d. coopérons jusqu'`à la soumission. Vous connaissez sans doute la suite de cette triste histoire.
Bref, je trouve encore plus triste qu'il y ait encore au Québec des francophones qui préfèrent la soumission envers Ottawa. Étonnant, vraiment.
Sans rancune.
S.x
Bonjour
Merci de votre commentaire.
Il y a deux côtés à toute chose. Je trouve triste que des Québécois veuillent laisser aller un pays comme le Canada et le donner aux autres. SVP, ne parlez pas de soumission. Lisez mon livre sur internet et vous verrez les difficultés que j'ai eues dans ma jeunesse avec les jeunes anglais alors que je vivais à Verdun. Lâcher n'était pas une solution. Prendre la place qui nous revenait était la façon courageuse d'agir. C'est ce que j'ai fait. J'aurais pu me soumettre, me plier sur moi-même car cela aurait été plus facile mais j'ai réagi.
J’ai voulu laisser à mes enfants un grand Canada pour qu'ils y trouvent leur place. Cela n'enlève rien au Québec que j'aime autant que vous. C'est quand même nos ancêtres les Français qui ont découvert ce pays si extraordinaire.
Le discours de Sarkozy va dans le sens que je pense, mais je l'ai quand même dénoncé car ce n'est pas de ses affaires ce qui se passe au Québec. Nous pouvons régler tout ça entre nous. Je connais bien l'histoire de De Gaulle, je lui ai même serré la main. Les discours de 1940 et 1967 ne sont pas des comparables. Il a été un homme supérieur qui dépasse Sarkozy de cent coudées. Mais sur la question du Québec, je crois que le général a fait un faux pas en se mêlant de nos affaires.
Je respecte les séparatistes, les indépendantistes ou les souverainistes, appelez-les comme vous voulez, mais je ne suis pas en accord avec leur vision d'avenir. Ah ! si notre langue était en danger, si nous ne pouvions pas vivre comme nous voulons dans ce pays, si notre avenir était menacé, si nous n'étions pas autonomes avec notre gouvernement québécois, je serais au premier rang pour défendre mes compatriotes. Je l'ai fait dans ma jeunesse en combattant les centralisateurs d'Ottawa. Mais tout cela appartient au passé et le Québec d'aujourd'hui est loin du Québec de Godbout. Le Canada est un pays de liberté, de justice et d'égalité. Il est un des plus riches du monde et fait l’envie des habitants de la terre. Je refuse les chimères, la peur, l'illogisme… que certains veulent nous faire avaler pour nous convaincre de le lâcher. « Je veux garder mon butin » comme disait Duplessis.
Ne soyez pas étonnée de mes positions. Essayez plutôt de les comprendre...
Je vous respecte et je n'ai pas de rancune. Je n'ai que de la peine de voir plusieurs de mes compatriotes continuer à être tristes devant des gens comme moi et qui nous traitent de soumis alors que le contraire est la vérité.
Respectueusement
Claude Dupras