mercredi 8 novembre 2006 Ségolène, DSK et Fabius
Surpris
Hier soir, à la télé d’état française, eut lieu le dernier débat télévisé de la course à la candidature socialiste pour l’élection présidentielle de 2007. Le sujet était les relations européennes et internationales de la France. Ce fut un débat de grande qualité avec un niveau d’argumentation remarquable. Alors que je l’écoutais attentivement, je pensais à nos débats politiques au Québec et au Canada et je rêvais qu’ils soient de la même nature.
Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius furent chacun à la hauteur du défi. Je crois que Strauss-Kahn fut le plus convaincant. Il proposa des solutions réalistes et s’appliqua à démontrer la méthode avec laquelle la France et la Communauté Européenne changeraient pour le mieux s’il devenait président de la république française. Laurent Fabius fut fort éloquent mais se montra plus rigide et ancien dans ses propositions, surtout en rapport avec son rejet de la Turquie, et ne cessa de répéter que la solution s’était dans des politiques de gauche et que la France devrait influencer la CE à s’enligner sur "une Europe par la gauche". Quant à Ségolène Royal, elle fut la moins spectaculaire et s’accrocha les pieds dans les fleurs du tapis sur la question de la propriété de l’armement nucléaire par l’Iran. Elle semblait avoir apprise par cœur plusieurs réponses et s’appliquait à exagérer la prononciation de chaque mot. Peut être est-ce sa façon de parler, mais elle ne me semblait pas naturelle. Quelques fois, j'avais l'impression qu'elle ne parlait que pour parler. Malgré ces points négatifs, elle a bien fait et s’est bien défendue en proposant une politique de réalisation de projets, "une Europe par la preuve", pour faire accepter la CE par les Français.
Les trois candidats ont insisté sur l’écologie et le réchauffement climatique mondial et il devient évident que ce sera un des points les plus importants du prochain quinquennat présidentiel français.
Qui a gagné ? Je crois que c’est Ségolène parce qu'elle avait beaucoup à perdre et a su protéger sa position même si elle ne fut pas aussi convaincante qu'elle aurait pu l'être. De son côté, Strauss-Kahn a montré qu’il ferait un bon président et qu’il est prêt pour un tel mandat. Peut être a-t-il pu convaincre suffisamment de militants pour que Ségolène n’obtienne pas une majorité au premier tour du 16 novembre. J’en doute. Quant à Fabius, même s’il est impressionnant, il a une approche qui n’est pas attirante et je dirais même dépassée. Il a peut-être gagné quelques points, mais il finira bon dernier au premier tour.
De toute façon, le débat a démontré que le président Jacques Chirac a fait un excellent travail en rapport avec la communauté européenne et la position internationale de son pays. Il me semble clair qu’aucun de ces trois candidats socialistes n’aurait pu faire autant pour maintenir la réputation de la France.
Claude Dupras