Pour une élection générale au Canada
 

Accueil • Début

 

lundi 8 octobre 2007

 

Pour une élection générale au Canada

Confiant


Le PM canadien Stephen Harper à hâte d’aller en élection. Afin d’atteindre son but qui est de diriger un gouvernement majoritaire, il a élaboré la stratégie selon laquelle toute motion présentée par son gouvernement au parlement sur un sujet faisant partie du nouveau budget deviendra une motion de confiance. Donc, si le gouvernement minoritaire des Conservateurs est défait à la Chambre des communes sur une de ces motions, le parlement sera destitué et une élection générale sera déclenchée. Ce qui me semble inévitable.

 

Le moment est bon pour le PM. Le parti libéral du Canada, principal parti de l’opposition, est en déroute; le Bloc Québécois, parti séparatiste fédéral, souffre  financièrement et la ferveur souverainiste des Québécois est à son plus bas; le Nouveau Parti Démocratique, les socialistes canadiens, heureux d’une récente victoire surprise à l’élection partielle du comté d’Outremont, n’a aucune chance de former le prochain gouvernement.  

 

Le PM Harper est intelligent, calme, serein, clair dans ses propos, sûr de lui, et laisse l’impression qu’un vrai chef est au gouvernail du pays. Il a une bonne image. Il a rempli ses promesses électorales. Il reconnaît ses erreurs et agit vitement pour les corriger. Il ne se laisse pas emporter par les émotions et est réservé sous la pression politique. Il n’est pas dirigé par les « back room boys ». Il agit de plus en plus dans l’intérêt de tout le pays et non seulement d’une région. Il représente bien le pays lors de ses visites à l’étranger.

 

Stéphane Dion, nouveau chef du parti libéral, a connu un départ branlant depuis le congrès qui l’a choisi comme leader. Il est un homme aux grandes qualités intellectuelles et de probité. Il ferait un PM d’envergure. Mais les récentes défaites de son parti aux trois élections partielles ont créé de la zizanie dans les rangs de ses troupes.

 

Gilles Duceppe, chef du Bloc, a gagné ses épaulettes ! Il est un bon politicien et un homme de convictions. Mais son parti est actuellement sur une pente descendante. L’argent fait défaut, l’enthousiasme s’éteint et le chef a perdu la face en voulant devenir chef du Parti Québécois. La rumeur veut qu’il pense à sa retraite.

 

Jack Layton, chef du NDP, est un homme aux bonnes idées.  Mais l’approche politique de gauche de son parti n’est pas en ligne avec la pensée d’une très grande majorité de Canadiens.

 

Une élection, à ce moment-ci, permettrait aux Canadiens de valider ou de rejeter les nouvelles orientations mises en place par le PM et le parti Conservateur du Canada depuis leur venue au pouvoir, il y a près de deux ans.

 

Ainsi, le PM Harper a proposé de changer le mode de représentation à la Chambre de Communes ce qui diminuera celle du Québec. Il a diminué les budgets qui permettent aux Canadiens d’atteindre les objectifs de la loi sur les langues officielles (l’anglais et le français) du pays; il a nommé des individus unilingues pour des postes qui nécessitent des personnes bilingues; selon la Commissaire aux langues, il ne respecte pas comme il se doit les modalités de la loi dans les institutions fédérales; il a aboli le programme de contestation judiciaire qui permet aux groupes minoritaires de se plaindre si la loi sur les langues officielles n’est pas respectée;  il a diminué l’offre de service bilingue par le personnel dans la fonction publique; il a muselé le comité parlementaire sur les langues officielles qui a toujours joué un rôle essentiel pour la protection du français au Canada.

 

Le PM Harper veut aussi abolir la loi sur le Registre des Armes du pays. Ne pouvant le faire puisqu’il n’a pas l’appui des autres partis, il a décrété une amnistie des amendes et des punitions pour ceux qui n’enregistrent pas leurs armes, au grand désespoir de tous les corps policiers. Il a fait préparer et voter certaines lois sur la sécurité, que plusieurs qualifient de fascistes. Il a impliqué le gouvernement dans le choix des juges. Il a surpris en démontrant une attitude antisociale par des coupures budgétaires de programmes qui aidaient les défavorisés.

 

Le PM Harper a-t-il fait adopter toutes ces mesures pour plaire à sa base d’extrême droite ? Majoritaire au sein du caucus conservateur, elle est issue de son ancien parti fédéral l’ex Reform Party, de l’Ouest canadien, reconnu comme doctrinaire et dogmatique. Ou est-ce que le PM a décidé de moderniser ces lois parce qu’il les croit d’un autre temps ou des dépenses inutiles ? Aux électeurs de juger !

 

Par contre, c’est le même PM qui a fait voter une motion au parlement pour reconnaître que les Québécois forment une nation. Comment concilier ses actions gouvernementales avec cette motion ? Ne sont-ce que des mots ou est-il sincère ? Aux électeurs de juger !

 

Le PM Harper s’oppose ouvertement au protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique et ne respecte pas la signature du Canada sur ce traité. Les environnementalistes l’accusent de subir les pressions du lobby pétrolier de sa province d’Alberta. De plus, le PM a marié la position du président américain sur ce sujet et est devenu le défenseur de la politique de ce dernier qui ne veut pas respecter Kyoto afin de ne pas nuire à l’économie de son pays. Harper a proposé, au dernier sommet du G8, une solution tenant compte de cette approche mais elle n’a pas reçu l’appui qu’il attendait.

 

Face aux critiques de sa position sur l’environnement, il a annoncé des projets de millions de $ en reprenant plusieurs programmes de son prédécesseur l’ex PM Martin. Mais au même moment, il a permis l’accélération de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta pour en extraire le pétrole. Il a affirmé que grâce à cette décision, le Canada deviendra méga-riche. Mais il refuse de tenir compte que cette opération nécessite de brûler deux barils de pétrole pour en produire trois et ajoute considérablement à l’émission des gaz à effet de serre. Avec le nucléaire, une énergie propre, l’exploitation éviterait cette pollution. Mais cela prendra du temps à installer. Vaut-il mieux devenir vitement méga-riche ou combattre le réchauffement climatique qui menace la planète. Aux électeurs de juger !

 

Dans le conflit de la Palestine, le PM Harper a épousé intégralement la position du président américain en dénonçant le gouvernement du Hamas, démocratiquement élu, et en prenant partie pour Israël. Une telle politique unilatérale va à l’encontre de nos positions passées par lesquelles nous demeurions neutres dans les conflits internationaux afin de pouvoir peser et aider à leur résolution. Aux électeurs de juger !

 

Enfin sa politique militariste, qui favorise la guerre en Afghanistan, fait croître l’armée, et coûte cher en vies et en $. Elle n’est surtout pas dans la tradition canadienne d’une force armée dédiée aumaintien de la paix dans le monde.  Aux électeurs de juger !

 

Il ne sera pas facile de faire un choix lors de la prochaine élection. Le record de Harper est surprenant et peu connu des Canadiens. Ceux-ci sont généralement trop occupés pour suivre tout ce qui se passe à Ottawa. Comme dans toutes les élections, les Canadiens compareront les chefs et seront influencés par les images et les illusions qui émaneront des acteurs de la scène politique fédérale.

 

Comme me disait récemment une femme du Lac St-Jean, fief souverainiste, « je l’aime bien M. Harpeur ». C’est dur à battre un tel candidat !   

 

Dans cette situation, le PM Harper a toutes les chances d’être réélu avec la majorité qu’il recherche. À moins que les électeurs analysent son bilan et jugent autrement.

 

Claude Dupras