Le Canadien
demeure la mire de tout le monde car il est dans une période de gloire.
Après sa coupe Stanley de 1953 et l’émeute Richard, il la remporte à nouveau
en 1956, 1957 et répète en 1958 (il continuera sa poussée en gagnant la
coupe en 1959 et 1960, soit cinq ans consécutifs. C’est du jamais vu). Le
club devient le préféré de tous les habitants du Québec et d’une majorité de
Canadiens d’un océan à l’autre. Les Montréalais deviennent obsédés par leur
club et l’aiment à outrance. C’est le club princier. Il connaît sa décade la
plus extraordinaire depuis sa création en 1909 et sa réputation se répand
jusque derrière le rideau de fer. Durant cette période, il devient le
meilleur club de hockey de l’histoire de la ligue nationale.
Les joueurs
sont adulés et tous les jeunes accrochent aux murs de leurs chambres les
photos de l’équipe et des joueurs. Claude est fier de son club et a le
plaisir d’aller au Forum, une dizaine de fois par an, voir des matchs. Les
billets sont rares et difficiles à obtenir. Le club porte toutes sortes de
noms : le Bleu-Blanc-Rouge, le tricolore, les Glorieux, les Habs, La
Sainte Flanelle, the Flying Frenchmen.
C’est Toe
Blake, l’ancien coéquipier de la punch line du Rocket et de Lach, qui
a été élevé au poste de coach. Il a du flair et sait inviter de
jeunes joueurs étoiles à faire le saut avec le grand club, dont Jean
Béliveau, Dickie Moore, Doug Harvey, Boom Boom Geoffrion, le gardien Jacques
Plante (il sera le premier gardien à porter un masque en 1959) et Henri
Richard le frère de Maurice.
Claude suit
chaque partie et analyse toutes les statistiques qu’il retient par cœur.
Cela est utile lorsqu’il discute du club avec ses copains.