mardi 26 février 2008
« Shame on you Obama ! »
Surpris
À écouter Hillary Clinton s’offusquer ainsi à cause d’un pamphlet électoral publié par l’organisation de son adversaire Barack Obama à la candidature démocrate pour la prochaine élection présidentielle, je me suis revu à la p’tite école lorsque ma maîtresse me disait « tu devrais avoir honte Jean-Claude » lorsque je rentrais en classe les mains sales. Vraiment les Clinton contemplent du haut de leur grandeur leur adversaire même s’il a toutes les chances de devenir le prochain président américain.
Les attaques et les insinuations mensongères envers Obama n’ont cessé d’émerger du comité organisateur d’Hillary. Il l’a accusé de consommation de cocaïne durant sa jeunesse, a mis l’accent sur son nom Barack Hussein Obama pour faire peur aux électeurs, a questionné son sens patriotique en publiant une photo prise au Kenya lors de sa dernière visite à sa famille qui le montre vêtu d’un costume traditionnel Kényan, l’a traité de n’être qu’un beau parleur qui n’apporte rien de concret, a affirmé que l’épouse d’Obama n’aimait pas son pays suite à une phrase d’un discours de celle-ci (qui dura plus d’une heure) en rapport avec sa fierté d’être américaine, a questionné l’essence même de sa candidature en l’accusant de plagiat parce qu’il utilisait des mots tout droit sortis de la bouche de son ami le gouverneur du Massachusetts, puis maintenant l’attaque sur un supposé scandale de pamphlets d’Obama.
Mentionnons que toutes ces accusations ont été réfutées clairement par Obama.
De toute évidence, rien ne va plus pour Hillary. Elle a remanié son organisation et remplacé son chef de campagne et cela n’a rien n’a changé. Nonobstant le fait qu’elle parle des vraies préoccupations qui affrontent les gens ordinaires – l’assurance-maladie, les suppressions d’emplois, la santé de leurs enfants, le coût de la vie – elle ne réussit pas à arrêter l’ascension d’Obama. Malgré sa vaste expérience électorale, sa campagne est mal gérée, mal financée et ne cesse de déraper. Pendant ce temps, celle d’Obama, le soi-disant rêveur, se déroule tel qu’il l’avait annoncé.
Elle continue à accumuler gaffe sur gaffe et ne sait vraiment pas comment attaquer son adversaire. La raison est simple, Barack Obama est un candidat unique et hors de l’ordinaire. C’est Larry King, le célèbre interviewer de CNN, qui disait, il y a à peine deux jours, qu’il n’avait jamais vu de sa vie un candidat d’une telle qualité. Et cela inclut J.F.Kennedy.
Pour changer les choses et rattraper son retard, Hillary se doit de gagner par une majorité de 20% au Texas et en Ohio, ce qui semble irréaliste. Mais cela ne semble pas important pour son gourou Mark Penn, son Karl Rove ( celui qui a terni malicieusement la bravoure au Vietnam de John Kerry lors de la dernière élection présidentielle), si je me fie à une dépêche d’un journaliste que j’ai lue ce matin : « Penn va partout répétant qu’en fait, les primaires n’ont aucune importance puisque tous le nominés démocrates dans le passé n’ont pas gagné la présidentielle. Seuls comptent les super-délégués, en substance ».
Dans un premier temps, Penn veut forcer le parti Démocrate à reconnaître que lesdélégués du Michigan et de la Floride (primaires non reconnues par le parti mais favorables à Hillary) comptent pour sa candidate. Le parti démocrate, à ce jour, s’y oppose pour une question de principe. Penn croit qu’en les ajoutant aux votes des super-délégués, Hillary gagnera.
Comment peut-on imaginer qu’Obama qui a gagné dans le plus grand nombre d’États, qui mène dans le nombre de délégués nominés, qui a cueilli des millions de votes de plus qu’Hillary, qui attire des foules de 20,000, 30,000 et même de plus de 40,000 personnes, qui est devenu un attrait extraordinaire pour la jeunesse tout en stimulant leur intérêt pour la politique et qui est favori dans les pays étrangers, soit battu par l’ « establishment » du parti. Ce serait, je crois, une erreur fatale pour le parti Démocrate et l’élection qui suivra. De plus, les jeunes seraient frustrés devant une telle tournure de ces primaires et réagiraient en ne votant pas. Hillary doit se défaire de ce Penn qui mène tout dans son organisation et qui veut, en désespoir de cause, brimer la démocratie.
Non, Obama n’a pas à avoir honte de l’extraordinaire campagne qu’il a menée à ce jour.
Claude Dupras