Le droit à la parole, un devoir pour la démocratie
 

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vendredi 29 février 2008

 

Le droit à la parole un devoir pour la démocratie

Confiant

Un ami français, Alain Glasberg, est candidat aux élections cantonales en France. Son canton de Villeneuve regroupe les communes de Villeneuve-lez-Avignon, Rochefort-du-Gard, de Pugault, de Saze, de Les Angles.

 

Producteur et réalisateur pour le cinéma et la télévision,  Alain est un humaniste, attaché aux droits fondamentaux de l'homme et à l'équité sociale. Il se révolte toujours contre toutes les injustices. 

 

Il a été maire adjoint de Rochefort du Gard et conseiller communautaire du Grand Avignon.

 

Marié à Monique depuis 40 ans, ils ont deux filles et trois petits-enfants.  

 

Il se dit un homme de terrain, de dossiers, d'objectivité et de résultats. Je sais que c'est vrai.

 

J'ai reçu un texte qu'il vient d'envoyer à ses électeurs en rapport avec le droit de parole. J'ai cru que cela valait la peine de le partager avec mes lecteurs.

 

Claude Dupras

 

Le voici:

 

Le droit à la parole est au cœur même du processus démocratique. En révélant les désaccords qui traversent le corps social, le débat public fait prendre conscience à tous de l’importance du rôle des représentants du peuple : il permet de faire tenir ensemble la communauté divisée que forment les citoyens.

D’après le mythe égyptien, c’est sur le droit qu’est fondé le développement de l’homme mais le droit est lui-même l’œuvre de la parole. En ce sens, il ne peut se refermer sur lui-même car la parole est aussi son dépassement. En se disant, elle contribue à ordonner le monde,

 

Le désordre est le symptôme du non dit, qui pousse constamment la parole à se dire. Mais il faut savoir l’écouter et l’interpréter, même s’il fait peur comme le tonnerre lui-même. C’est à ce prix que nous pouvons progresser vers une plus grande humanisation. La parole, en effet, engendre l’homme à partir du désordre  Mais la conscience change tout, comme l’apparition de la parole.

 

La politique a partie liée avec la parole et la prise de parole est une des formes essentielles de l'affirmation politique.

 

La politique moderne existe par des mots qui justifient, condamnent, cherchent à susciter des actes. Ces mots divisent, rassemblent, contribuent à la création d'identités collectives dont ils assurent aussi, par l'adhésion ou le rejet qu'ils suscitent, la pérennité. 

 

Les formes de la prise de parole politique sont autant de modalités d'affirmation ou de contestation des pouvoirs, de tentatives de régulations, de règlements - plus ou moins précaires, plus ou moins illusoires, de régulation des conflits. Ce qu'elles disent, ce qu'elles provoquent, la place qui leur est assignée par les divers protagonistes, la façon dont elles sont amplifiées, magnifiées, conservées ou scellées, dénigrées en disent long sur le fonctionnement des sociétés et les rapports de force en leur sein.

 

La concurrence pressante entre les membres du corps social et politique est la plus dure des conditions du temps présent, celle d’une société d’humiliation et de domination, par conséquent d’une société de privation de reconnaissance des individus, des groupes, des citoyens les uns par les autres, dans la sphère publique, mais aussi de privation de la parole dans les lieux publics.

 

Chacun est désormais soumis à un traitement tel que son approche la plus courante du monde social et politique démocratique est oblitérée par des instances chargées de formater la parole ou de la rendre impossible à exprimer dans des termes non autorisés. Quand il ne s’agit pas de toujours réduites a la seule expression de la politique du consensus.

 

Les media, la technologie de l’information désagrège le champ du relationnel, le forum devient immatériel glacé, générateur d’agressivité.

 

Sera-t-il possible de reconstruire une autre pratique de la parole démocratique ? Le résultat de ce déséquilibre entre les forces sociales et de plus en plus présentes. Il se traduit en l’absence d’usage public de la raison ou de la confrontation entre les citoyens, au point qu’on peut mesurer le tort subi par chacun au degré d’invisibilité sociale auquel il est dramatiquement soumis.

 

Le temps est-il venu où la sphère du social et de l’écologique ne sont que des ersatz menacés par le pouvoir et l’économie.

 

À quel genre d’émancipation pouvons-nous donc encore rêver quand l’interdit d’une salle municipale de village veut bâillonner la parole des candidats à la démocratie ?

 

Merci

 

Alain Glasberg

le 28 février 2008