12 mai 2008
Putain, quatre ans…
Confiant
C’est le cri de désespoir à la une du magazine français Marianne, cette semaine, face aux quatre ans de mandat qu’il reste à Nicolas Sarkozy. Ce titre exprime clairement l’opposition obsessionnelle des organes, partis, leaders et journalistes de la gauche française à Sarkozy. Ce faisant, elle se démarque comme antiaméricaine, antilibérale, antiréforme, antichangement, antirupture, antiréaliste, antiprofit, antientreprise privée, antiglobalisation, anti-européenne, en somme… antitoute.
Plusieurs amis français m’ont souventes fois affirmé que «la France est ingouvernable». Ce qui se passe actuellement dans le pays semble donner raison à cette prétention.
Nicolas Sarkozy a été élu avec 53% des suffrages. Ce ne fut pas une mince victoire. Il a été élu sur un programme clairement défini dont il a toujours bien expliqué les critères et surtout les difficultés à le mettre en action. Depuis, dès qu’il agit pour ramener la France sur la route de la réalité du monde d’aujourd’hui, Sarkozy est critiqué, insulté, vilipendé, sali, abaissé, victime de moqueries, d’insinuations malicieuses… le tout teinté de malhonnêteté et méchanceté. Ses critiques n’ont aucun respect pour l’importance de son poste et semblent incapables de nuances. Ils minent la confiance des Français dans leur président alors que celui-ci devrait être encouragé à implanter son programme politique pour lequel le peuple français a voté.
L’écho de ces critiques traverse l’Atlantique et est rapporté plus ou moins précisément dans nos médias canadiens ou américains. Au point, que plusieurs d’entre nous, jugeons maintenant sévèrement le président français, sans savoir quelle est l’origine de ces critiques et si elles sont fondées. Cela nuit à la France.
Pour moi, Sarkozy est un politicien hors de l’ordinaire. Et c’est justement à cause de sa force qu’il est critiqué si violemment par la gauche. Cette gauche joue la politique du pire et est représentée principalement par le Parti Socialiste qui est dans une situation de désorganisation totale. Le parti a perdu près de 90,000 membres depuis l’élection présidentielle. Il n’a que 150,000 membres dans un pays de 66 millions de personnes. Il n’a pas de chef. Il a un secrétaire général qui se dirige vers la porte de sortie et qui a perdu toute crédibilité auprès des joueurs politiques du pays. Le parti n’a pas de programme politique. Pas d’unité de pensée. Pas d’unité d’action. À l’Assemblée Nationale, ses députés agissent, le moins que l’on puisse dire, de façon partisane et irresponsable. Comme un chat aveugle, ils griffent ici et là.
De plus, lentement, s’instaure une bataille en règle pour le poste de secrétaire général du PS car plusieurs des aspirants croient que celui qui détiendra ce poste deviendra le prochain candidat de la gauche à la présidence. Ces nouveaux prétendants veulent mettre un terme aux primaires (les premières instaurées en France par un parti) qui ont favorisé le choix de Ségolène Royal par les membres du parti. Ces futurs candidats oublient qu’ils ne l’ont pas appuyée, comme ils se devaient durant la campagne électorale présidentielle. Plusieurs l’ont même sabotée. Personnellement, je crois qu’elle a fait une lutte exceptionnelle et fut une bonne candidate. Ce qui lui a manqué, c’est l’appui de son parti et de ses «éléphants» pour l’aider à définir clairement une politique nouvelle pour la France. Alors que du côté de Sarkozy, c’était net et substantif.
On attaque Sarkozy sur l’effort qu’il fait pour améliorer ses relations avec l’Amérique. On dénigre son atlantisme. Je ne le vois pas ainsi. Je me rappelle clairement les réactions des Américains suite à la décision de Jacques Chirac sur la non-participation de la France à la guerre d’Irak (j’étais très fier de sa décision). J’ai vu, entre autres, à la télé plusieurs Américains vider dans les égouts des bouteilles de vin français. Ils entreprirent un boycott général des produits français. Ils cessèrent de visiter la France. Depuis l’élection de Sarkozy, tout est redevenu à la normale, les Américains aiment (et le mot n’est pas trop fort) à nouveau la France. Ils consomment davantage ses produits et sont ouverts à ses entreprises, comme en fait foi le contrat important récent de l’aviation américaine qui a choisi Airbus au lieu de Boeing pour un immense contrat relatif à ses besoins d’équipements nouveaux.
Le président Sarkozy n’a pas vendu son âme à GW Bush. Au contraire, il a exprimé clairement ses positions, même si elles diffèrent de celles du président maudit. Il a su créer une nouvelle relation amicale et ouverte avec le peuple américain. Ce ne peut qu’être bénéfique pour la France surtout qu’un nouveau président démocrate se dessine à l’horizon et que ses politiques seront sûrement plus compatibles avec celles des Français. La France est maintenant bien positionnée en Amérique pour l’avenir.
Sarkozy a proposé des lois importantes pour relancer l’économie. Malheureusement, la France est aujourd’hui dans le même bateau que tous les pays de l’Occident qui s’enlisent lentement dans une dépression économique. Les Français sont fâchés par la baisse de leur pouvoir d’achat. C’est normal. Mais ils ne sont pas les seuls car les prix des ingrédients de nourriture augmentent dans tous les pays. Au Canada, c’est la même chose qu’en France. Nous sommes tous victimes des augmentations de prix du pétrole, des coûts de transport, de la rareté grandissante des produits de base, riz, maïs…
La solution à ce problème grandissant est globale. Par contre, les pays peuvent agir pour atténuer les effets néfastes chez eux. Par exemple, la loi de Sarkozy pour ne pas imposer les heures supplémentaires de travail. Cela donne plus d’argent à plusieurs individus et leur permet de passer à travers la crise. Deux petits entrepreneurs français (une dizaine d’employés) m’ont confirmé que c’était très positif pour leur personnel. Ce n’est qu’un exemple de ce qui est tenté et réussi. Le gouvernement français a déjà fait adopter un grand nombre de lois importantes qui avec le temps porteront fruits. D’autres viendront prochainement.
Sur le plan de la politique étrangère, la France se démarque. C’est le temps de la Realpolitik. Sarkozy est partout et impressionne. Il est réaliste et sait qu’il ne peut déboulonner tous les tyrans de la planète. Mais il joue bien son jeu avec des objectifs positifs à long terme tout en faisant profiter la France de contrats importants à court terme. Europe, Grande Bretagne, USA, Allemagne, pays méditerranéens, Darfour, Chine, Tibet, Moyen-Orient, Afrique, Turquie, Liban, Roumanie, Bulgarie, Afghanistan, Colombie, Fonds Monétaire International, Nations Unies… partout on a ressenti l’effet Sarkozy qui exerce une diplomatie réaliste et dynamique. Les critiques la qualifient de cacophonique (cela confirme leur obsession) alors qu’elle est claire et résulte sur une série d’accords stratégiques qui rapporteront gros à la France tout en lui redonnant la place qu’elle mérite sur l’échiquier mondial.
Les Français ont le gouvernement qu’ils méritent. Ils ont voté pour lui et ils se doivent de le supporter. La critique positive est normale mais critiquer avec un manque de rigueur, à ce moment-ci, est néfaste. L’opposition se doit d’être à la hauteur de l’intérêt des Français. Ceux-ci se doivent de comprendre que des maux ancrés depuis des années ne peuvent être corrigés subitement. Le mandat du gouvernement Sarkozy est de cinq ans et le temps des comptes viendra. C’est à ce moment-là, qu’ils pourront juger de la valeur de son administration et j’ai confiance qu’ils trouveront positifs les résultats par rapport au contexte global.
Allons, enfants de la patrie, le jour…
Claude Dupras