Les lauriers roses de Kerrata A mes amis Pieds-Noirs, de Sétif, de Constantine et d’ailleurs…

Jean-Claude Manaranche Pardonnez-moi, je n’avais pas Bien mesuré votre souffrance Lorsque se sont croisés nos pas, Vous de « là-bas » et moi de « France ». Vous me décriviez des couleurs, Des parfums et des paysages, Et je n’ai pas vu la douleur Qu’avec pudeur dans ce message Vous dissimuliez en riant, Quand vous parliez des courses folles Que vous faisiez, encore enfants, Au bord de l’oued, en farandoles.
Alors que je ne connaissais Que des soleils voilés de brume, Vous m’avez parlé des lacets De la route embaumée d’agrumes Que vous preniez à Kerrata, Dans un décor dont les promesses, De laurier rose en mimosa, Vous menaient bientôt à l’ivresse De la mer à perte de vue : Vous parliez d’éblouissement A moi dont bien souvent la rue Etait privée de firmament.
Mais quand je vins à votre table Pour partager votre chorba Je sentis bien qu’inconsolables Vous vouliez m’entraîner « là-bas ».
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