samedi 17 février 2007
Mario s'en vient...
Heureux
À la veille de l’élection québécoise qui sera annoncée bientôt, suite à la présentation du budget à l’Assemblée Nationale, la situation se présente bien pour Mario Dumont, le chef du parti de l’Action Démocratique du Québec. Il grimpe dans les sondages et son parti mène dans plusieurs régions du Québec.
Les plus surpris et craintifs de ce mouvement sont les séparatistes du parti Québécois car ils déduisent que c’est leur parti qui écopera le soir de l’élection de ce regain d’énergie de l’ADQ. Les péquistes se classent actuellement troisième dans la grande région de Québec, selon les sondages.
Le parti libéral de Jean Charest est parti de loin. Honni par une majorité des Québécois durant la presque totalité de son mandat, Charest a trouvé le moyen de virer l’opinion publique en sa faveur en l’amenant, petit à petit, à reconnaître qu’il a fait un bon boulot durant son mandat à la tête du gouvernement et mérite de continuer. C’est une bonne nouvelle.
Le parti Québécois revient, dans son programme pour cette élection, à sa promesse de tenir un autre référendum sur la séparation du Québec de l’ensemble canadien, alors que les Québécois n’en veulent pas. Il est dirigé par André Boisclair, un chef contesté dans les rangs de son propre parti et par les syndicats qui normalement appuient le parti Québécois. La classe moyenne voit en lui un homme distant et loin de ses préoccupations. Cela n’augure rien de bon en vue d’une prise de pouvoir par les séparatistes.
Il reste Dumont. Il se rapproche du populisme en défendant des positions qui touchent les vrais problèmes. Il est en train de gagner le cœur de beaucoup de Québécois et Québécoises qui se sentent bousculés. Bien imbriqué dans les soucis quotidiens de Monsieur et Madame-tout-le-monde, Mario devient leur défenseur et le politicien qui les comprend. Il l’a bien démontré dans le débat sur les « accommodements raisonnables » et d’autres récents.
Mario Dumont est attaqué aujourd’hui par un nouveau ténor du parti libéral, Pierre Arcand, candidat dans le comté de Mont-Royal. Ce dernier le compare publiquement à Jean-Marie Le Pen, le chef du mouvement d’extrême-droite française, le Front National. Le Pen est celui qui avait minimisé l’importance des camps nazis durant la deuxième guerre mondiale et qui veut aussi fermer la porte aux immigrants, surtout aux musulmans, qui arrivent en France et viennent, selon lui, déséquilibrer la société française.
Comparer Dumont à Le Pen est honteux et méprisant. Arcand refuse de retirer ses mots à la demande de Dumont. Il se trompe et fait montre de malhonnêteté intellectuelle. S’il persiste, il n’ira pas loin celui-là dans l’opinion publique..
Mario Dumont est sur la bonne voie. Cependant sa montée risque de donner au Québec un gouvernement minoritaire, ce qui ne s’est jamais vu au niveau de notre province. Pour ma part, je crains qu’une telle situation ne soit pas dans l’intérêt des Québécois.
Claude Dupras