Les périls de Pauline
 

Accueil • Début

jeudi 28 juin 2007

 

les périls de Pauline

Inquiet


Pauline Marois est la nouvelle chef du parti Québécois. Alors, qu'il y a à peine deux ans, elle était rejetée par plus de 66% des militants de sa formation politique lors de la course à la chefferie qui choisissait André Boisclair, voilà maintenant qu’elle est couronnée chef, sans convention, sans adversaire, à la suite de la démission de ce dernier. Je lui souhaite bonne chance.

 

Elle arrive à un moment très difficile pour les souverainistes. Suite à l’impensable et dure défaite que le parti a subie à la dernière élection, Pauline (si on appelle Ségolène Royal par son prénom on peut bien appeler Pauline Marois de même) a du gros boulot sur les bras. Réussira-t-elle à gagner des sièges pour son parti? On peut en douter. Pour trois raisons :

 

. Le parti doit changer. Je ne crois pas que les militants « purs et durs » deviennent soudainement opportunistes et oublient leur idéal séparatiste. Ce sont des gens qui croient fermement dans leur objectif. Ce sont des gens de principe. Ils parlent et pèsent fort, ils seront toujours là.

 

Le programme du parti doit aussi s’adapter au temps présent, être rafraîchi et rajeuni. L’influence des syndicats au sein du parti doit disparaître et le parti redevenir celui de tous les Québécois.  En somme, les « nationaleux » doivent être capables de résister aux « syndicaleux » et regarder objectivement les problèmes du Québec bien en face. Malheureusement pour le parti, ce ne sera pas demain la veille.

 

. La deuxième raison est la présence de Mario Dumont et la montée de son parti, l’Action Démocratique du Québec, sur la scène politique. C’est le temps de Mario ! Il a le vent dans les voiles. Les Québécois de toutes sources l’aiment. Il devient irrésistible. Il est jeune, dynamique, moderne, s’exprime clairement. Il frappe le clou sur la tête. Il est de son temps.  Pour les Québécois, le Québec a besoin de réalisme, de renouveau et de fraîcheur. Mario est la solution. Pauline face à Mario fait vieux jeu.

 

. La troisième raison est le parti libéral. Le PM, Jean « le mal aimé » Charest, arrive au bout de son rouleau. Il ne durera pas longtemps. Je le regrette car je pense qu’il fait du bon travail, je dirais même du très bon travail. Mais pour lui, rien ne va plus ! Les Québécois et les Québécoises sont excédés et ils en ont ras-le-bol de sa personne. Pourquoi ? Je n’en sais rien, et je me casse toujours la tête pour comprendre. Charest a beau initier toutes sortes de bons projets, bien représenter le Québec dans les discussions fédérales, dans celles avec nos voisins canadiens et américains, diminuer les impôts, être à la fine pointe de la lutte contre le réchauffement climatique, il n’arrive pas à reprendre du « poil de la bête ».

 

Les libéraux, tout comme les péquistes, réalisent le sort qui les attend si Charest demeure à la tête du parti. À moins que l’opinion publique change du tout au tout, et cela est fort improbable, son départ devient donc inévitable. Et son remplaçant sera, de toute évidence, le Dr. Philippe Couillard, ministre de la santé. C’est un homme jeune, agréable et persuasif avec une personnalité qui dégage l’image d’un homme politique solide qui sait où il va. 

 

La prochaine élection sera donc une bataille à trois : Mario, Couillard et Pauline.

 

Mario avec la bonne vague qui le porte, conquerra de nombreux comtés dans les couronnes Nord et Sud de Montréal. Il en gagnera aussi probablement quelques uns sur le territoire de la métropole. À Québec, sa popularité croissante consolidera ses gains de la dernière élection et il remportera sûrement quelques comtés dans les régions avoisinantes de la vieille capitale, peut-être même au Saguenay et au Lac St-Jean. Le soir des élections, il sera premier ministre.

 

Couillard pourrait maintenir le nombre de votes, reçus à la dernière élection, à son parti libéral à cause des longues racines de ce dernier et du fait qu’il sera un bon « campaigner ». Mais le nombre de votes ne sera pas suffisant pour faire élire tous les députés actuels et le parti en perdra quelques uns à Mario. 

 

Les nouveaux votes à Mario viendront majoritairement du parti Québécois qui continuera sa descente aux enfers. Je ne crois pas que Pauline puisse changer l’évolution de la pensée québécoise qui se dessine actuellement. C’est une personne d’un autre temps et l’opportunisme électoral qu’elle exprime pour resituer arbitrairement le parti, modifier cavalièrement son programme et donner un peu de « pep » à ses députés, ne fait pas sérieux.

 

Elle ne semble pas réaliser que les Québécois voient clair dans ces petits jeux de coulisses et en ont « soupé » de ces tactiques de politiciens. On est loin des fondamentaux défendus par le parti Québécois de René Lévesque, de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard.

 

Pauline a été choisie chef du parti en désespoir de cause et je crains qu’elle ne soit finalement qu’un chef intérimaire du parti Québécois qui, lui, demeurera en attente de jours meilleurs.

 

Claude Dupras