vendredi 15 juin 2007
les lowcost
Surpris
J’arrive d’un court voyage à Bruxelles. Départ de Marseille et retour. Vol de 1h25. J’ai voyagé lowcost. C’est un récent article de Denise Bombardier dans La Presse qui m’a mis la puce à l’oreille. Elle écrivait que pour moins de 15 euros on pouvait voyager par avion de Paris à Moscou.
Une recherche sur internet m’indiqua qu’au moins six compagnies aériennes lowcost opèrent en Europe. Mon choix tomba sur une société irlandaise, Ryanair. Sur son site, elle me proposa un billet aller-retour direct de 34,95 euros.
Comparé au coût par TGV de 137,90 euros pour un temps de 5h05 (plus un transfert dans Paris entre la Gare de Lyon et la Gare du Nord), ou à celui de Brussels Airline de 316 euros pour un vol direct aller-retour, ce billet était une aubaine extraordinaire.
Au montant de base de Ryanair, s’ajoutent 39,45 euros pour les taxes et les frais d’aéroport, pour un total de 74,40 euros. Les bagages à mains sont limités à 10kg, ce qui m’était insuffisant et j’enregistrai un bagage de 15kg, pour 12 euros. J’avais aussi le choix de payer 3 euros additionnels pour obtenir l’embarquement prioritaire à chaque aéroport et 14,50 euros pour la protection d’une police d’assurance-voyage.
Comment une compagnie aérienne peut-elle réussir à être rentable à ces prix ? Voici quelques raisons que j’ai pu trouvées :
- Tous les processus opérationnels des aéroports ont été revus et analysés, tels que : traitement passager, traitement bagage, traitement avion. Tous les superflus sont éliminés.
- L’accent est mis sur l’amélioration de la ponctualité. De toutes les compagnies aériennes, Ryanair est celle dont les avions partent le plus souvent à temps.
- Une planification réaliste détermine le minimum de personnel requis.
- Mise en place du E-ticketing. Toutes les réservations et les arrangements se font par internet appuyé par un centre d’appels d'information et de réservation. Il n’y a pas de sièges réservés.
- De nouveaux systèmes d’informatique ont été conçus pour le suivi des passagers et des bagages ainsi que pour les informations aux passagers, etc. Un bon service et un programme de fidélisation encouragent les clients à revenir.
- Les avions à jet sont des modèles récents, B737-800, choisis pour leur économie d’énergie. L'âge moyen des avions de la flotte est de 2 ans.
- Les temps d’immobilisation des appareils et les temps de cycle de vols sont bien calculés. Le temps d’arrêt de l’avion à l’aéroport est de 25 minutes, pour le débarquement des passagers et l’embarquement des nouveaux vers une autre destination. Les frais d’aéroports sont ainsi réduits considérablement. Les pilotes et les quatre hôtesses du vol Marseille-Bruxelles font quatre voyages consécutifs par jour et ne débarquent pas de l’avion.
- Les breuvages et la nourriture sont payants.
- Les terminaux d’aéroports sont simples et dans le respect des règles de sécurité. Par exemple, l’Aéroport de Marseille-Provence a logé les lowcost dans un bâtiment rudimentaire, le mp2, nouvellement peint, dont les planchers, et ventilé mais non climatisé (certains conduits de distribution d’air sont en toile). Tous les services de base sont là mais tout est simplifié au maximum. Pas de passerelle. Les coûts d’installation et de location sont très bas par rapport au bâtiment principal de l’aéroport international et les taxes et les redevances d’aéroport sont en conséquence.
- Le service d’enregistrement (de 100 à 180 personnes par avion) est rapide et peu compliqué. Le comptoir ferme 30 minutes avant le départ prévu.
- Même le contrôle de sécurité est efficace et ne cause aucune perte de temps.
Aujourd’hui près de 17% des vols en Europe sont lowcost et en 2010 il est prévu que 25% des passagers seront transportés par eux. Avec la libéralisation des espaces aériens en Amérique, il est possible que dès 2009, les lowcost européens offrent des vols transatlantiques. Ce sera une concurrence importante pour Air Canada, Air Transat, Air France et les compagnies américaines.
Si vous voyagez en Europe et voulez faire une escapade de quelques jours pour voir un autre pays que celui de votre destination originale, les lowcost offrent l’opportunité de le faire à prix juste et bas.
Claude Dupras