vendredi 2 mars 2007
le poids de Boisclair
Surpris
Autant je ne vois pas en André Boisclair, chef du parti Québécois, les qualités pour devenir un grand PM du Québec, autant je pense possible qu’il puisse remporter la présente campagne électorale québécoise.
Malgré les sondages qui s’amoncellent et qui démontrent une tendance négative pour le parti indépendantiste et son chef, je crois que Boisclair mène à ce jour une bonne campagne. Les sondages ne sont pas nécessairement porteurs de malheur. J’ai fait assez de campagnes électorales pour pouvoir discerner les chefs qui gaffent des autres, et Boisclair, à ce jour, n’est pas un de ceux-là.
Le problème principal, c’est que le parti Québécois ne l’aide pas actuellement en proposant la tenue d’un autre référendum sur la séparation du Québec. Les Québécois et les Québécoises ont trop de préoccupations, plus terre à terre, dans le domaine de la santé, du travail et de la famille pour vouloir revenir à ces périodes turbulentes et improductives. Cette proposition rigide imposée au chef, à ce moment-ci, le défavorise. Les prophètes séparatistes qui affirment, depuis toujours, que « pour avoir l’indépendance il faut en parler constamment » se trompent, Il faut d’abord être au pouvoir, bien agir puis amener la population à réfléchir et à accepter positivement ce tournant important pour son avenir.
La montée de l’ADQ, de Mario Dumont, vient brouiller les cartes. Je crains qu’il s’approprie peu à peu plus de votes libéraux que de votes péquistes et qu’en fin de compte, le soir des élections, le parti Québécois ait plus de sièges et soit appelé à former un gouvernement minoritaire.
Quant à l’orientation sexuelle de Boisclair, elle n’a rien à voir avec cette élection. Nous vivons dans un pays libre et nous sommes protégés par des chartes de droits et de libertés au Canada et au Québec qui expriment bien clairement que notre terre n’est pas homophobe. Ce qui compte, c’est sa capacité intellectuelle, son expérience, ses qualités de chef et son sens pratique. Ce sont les critères avec lesquels nous devons le juger personnellement. Et, c’est sur ces points que je crois qu’il ne fait pas le poids.
À ce jour, il est clair que les libéraux ont la meilleure équipe, mais il me semble que Jean Charest se pense gagner d’avance et cela affecte son attitude. Ce n’est pas sain, électoralement parlant. Quant à Mario Dumont, il est la vedette du jour. Il frappe le clou sur la tête avec ses prises de position souventes fois populistes. Sa montée est vertigineuse. Continuera-t-elle ? J’en doute parce que son appui est régional. Cependant, je lui souhaite de prendre un bon nombre de sièges afin que l’ADQ soit en mesure de bien représenter proportionnellement, à l’Assemblée Nationale, les électeurs qui l’appuient
De plus en plus, je crois que le débat fera la différence dans cette élection. Ce fut le cas lors de la dernière campagne électorale alors que Jean Charest avait excellé et amené à lui la ferveur des électeurs. C’est le défi d’André Boisclair. S’il faillit, le parti Québécois connaîtra sa pire défaite électorale depuis 1976. C’est une responsabilité lourde à porter !
Claude Dupras