Le nouveau géant vert
 

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lundi 12 février 2007

 

le nouveau GÉANT vert

Heureux


À la veille de l'annonce d’une élection, les électeurs ont un gros avantage. Le gouvernement sortant-de-charge les écoute et s’ajuste à leurs opinions. Surtout, lorsqu’il est un gouvernement minoritaire comme celui d’Ottawa.

 

C’est ainsi que le PM Harper a annoncé hier, à Sherbrooke, un nouveau projet canadien de 1,5 milliards de $ pour le fonds de la « loi canadienne sur la qualité de l’air » dont 349,9 millions $ seront versés au gouvernement du Québec pour son projet de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GEF) qui vise à rencontrer les objectifs du protocole de Kyoto sur ce sujet.

 

Pour un changement de direction c’en est tout un.

 

Aujourd’hui, alors que les Canadiens sont devenus inquiets des positions de leur Premier ministre sur cette question importante en rapport avec le réchauffement planétaire, qui était contraire à la leur, celui-ci change de cap et s’aligne sur leurs convictions. Bravo !

 

Nous sommes loin du temps où Stephen Harper, chef de l’Alliance Canadienne, écrivait que le protocole de Kyoto n’était qu’une « ébauche socialiste » et faisait un discours, la même année, dans lequel il promettait d’annuler les objectifs canadiens pour respecter Kyoto, s’il prenait le pouvoir.

 

On se rappellera que l’ex ministre de l’environnement, Rona Ambrose, en accord avec son PM, avait rejeté brusquement du revers de la main le plan vert du gouvernement de Jean Charest. Et que dire du PM Harper qui donnait l’impression qu’il refusait de mentionner le nom « Kyoto » de crainte de perdre connaissance.

 

Le PM change maintenant de langage. Pour lui, les études sur le réchauffement climatique étaient une « science en devenir » et sont devenues une « science claire » suite au récent rapport alarmant de l’ONU.

 

Il traitait les objectifs de Kyoto d’inatteignables et justifiait son refus du protocole à cause de cette difficulté.

Aujourd’hui, il s’apprête à adopter des règlements pour forcer les grands pollueurs comme les usines thermiques au charbon productrices d’électricité en Ontario, l’industrie automobile et l’industrie pétrolière d’Alberta pour l’exploitation des sables bitumineux à réduire leurs émissions de GEF.

 

Son nouveau ministre de l’environnement, John Baird, affirme maintenant, sans sourire, que le gouvernement n’a nullement l’intention de sortir de Kyoto. De plus, il semble que le Canada pourrait même acheter des crédits d’émissions de pays sous-développés, selon le système d’échange du protocole de Kyoto, pour rencontrer ses obligations. Baird qualifiait jadis ce système de « fou et risqué ».

 

Le PM Harper devra ajouter plusieurs milliards de $ au programme annoncé hier, s’il veut vraiment mettre en œuvre tout ce qu’il faut faire pour que le Canada participe pleinement à la bataille contre le réchauffement climatique. Heureusement, il est enfin sur la bonne voie.

 

Notre Premier ministre  a démontré clairement qu’il a muté de politicien régional à un homme politique national. Il vient de révéler qu’il est capable de s’adapter à l’opinion publique même s’il s’était compromis dans le passé pour des positions différentes. C’est le signe d’un grand homme.

 

Mais il a encore beaucoup à faire pour obtenir un gouvernement majoritaire. Car ne nous trompons pas, ces changements de politique sont surtout motivés parce que le parti conservateur du Canada veut obtenir une majorité au parlement lors du prochain scrutin. Tant mieux pour nous, car nous avons trouvé un nouveau Géant vert.

 

Claude Dupras