vendredi 1 juin 2007
le mal-aimé
Surpris
Enfin une solution raisonnable sur le budget. Le PM du Québec, Jean Charest, a accepté, en partie, les propositions modifiées du Parti Québécois. Celui-ci a finalement compris que les Québécois et Québécoises ne voulaient pas d’une nouvelle élection et, surtout, qu'elle ne l'avantagerait pas à ce moment-ci. Bravo !
Charest en sort la tête haute mais reste quand même au bas des sondages. Honnêtement, je n’y comprends rien. Depuis sa belle victoire électorale de 2002, les sondages ne lui ont pas été sympathiques. D’un à l’autre, il s’enfonce constamment. Il y a bien eu un soubresaut important avant l’élection de mars 2007, mais une fois celle-ci engagée on a vu sa nouvelle popularité retrouvée s’évaporer. C’est tout juste s’il a pu conserver le pouvoir avec un gouvernement minoritaire.
Pourtant le bilan de ses quatre années de pouvoir était très positif et les observateurs les plus sérieux lui avaient, presque tous, accordé une très bonne note. De plus, à son équipe aguerrie, unie, compétente et efficace s’ajouta de nouveaux venus bien qualifiés pour être au gouvernement. Elle était, de loin, la meilleure de tous les partis. Mais cela n’a pas suffit et Charest a vu son parti déprécié et a dû constater que c’était lui qui l’entraînait vers la dèche.
Pourquoi ? Plusieurs l’expliquent par le fait qu’il n’avait pas respecté sa promesse de diminuer les impôts. C’était en fait un gros « moins » contre lui. Il se défendit avec difficulté et chercha à démontrer qu’il avait quand même réalisé beaucoup, particulièrement dans les négociations monétaires avec le gouvernement fédéral.
Charest avait réussi à soutirer de l’ex PM Martin une entente dite asymétrique par laquelle le Québec pouvait dépenser comme il l’entendait les argents versés par le fédéral et n’était plus forcé de le faire dans le domaine choisi par Ottawa. Jamais un PM au Québec n’a obtenu une telle concession du fédéral depuis ceux qui obtinrent des points d’impôts. Ce fut une contribution importante à l’autonomie du Québec. Les Québécois semblent ne pas en avoir tenu compte.
Un de mes lecteurs, en réponse à ma question, à savoir comment expliquer le bas de niveau constant de la popularité de Charest, me dit : « C'est la suite du déclin amorcé sous Bourassa lorsqu'il a refusé de donner suite à l'engagement qu'il avait pris dans la Loi 150 de tenir un référendum sur la souveraineté après la Commission Bélanger-Campeau. Ce déclin est essentiellement dû à la perception d'une importante majorité de francophones que le PLQ ne les représente plus, mais qu'il représente les intérêts des anglophones ».
Donc, il affirme que c’est le parti plutôt que Charest qui perd du terrain. Et la descente aux enfers du PQ, on l’explique comment, alors ?
Le passé a des impacts sur le temps présent, mais, il est aussi vrai qu’avec le temps les gens oublient. Les Canadiens-français, par exemple, qui, après avoir rejeté les Conservateurs à cause de la pendaison de Riel et la conscription décrétée par ces derniers pour la grande guerre de 1918, ont finalement votés massivement pour John Diefenbaker en 1958. Sans oublier le vote majoritaire pour Mulroney durant deux élections consécutives.
D’ailleurs ne s’apprêtent-ils pas, selon les sondages, à donner un gros vote à Stephen Harper, même si ce dernier erre dans son analyse de la situation actuelle au Québec.
Un autre argument est : « Le problème pour le PLQ, c'est que le recrutement de Charest, perçu comme un Capitaine Canada, a contribué à l'accélération de la désaffection des francophones à l'endroit du PLQ ». Pourtant, la majorité des Québécois francophones n’est pas séparatiste, et un très grand nombre d’entre eux n’a-t-il pas voté pour lui lors de sa grande victoire électorale ?
Charest est le mal-aimé de la politique québécoise. Pourquoi ? Je ne le sais pas. Est-il si mauvais PM que cela ? J’invite ceux qui me lisent et qui ont une idée sur ce sujet à m’écrire. Ils pourraient ainsi éclairer ma lanterne et j’en profiterais à mon tour pour résumer leurs observations dans un autre blog. Merci.
Claude Dupras