mardi 27 mars 2007
le gros bon sens
Heureux
C’est sûrement une des belles qualités des Québécois ! Ils ont, comme on dit depuis toujours, du « gros bon sens ». L’élection générale d’hier le démontre encore une fois, clairement. La « soirée des élections » dans l’attente des résultats fut palpitante et une des plus excitantes depuis l’élection de René Lévesque en 1976.
Nous avons choisi Jean Charest et son parti libéral comme le prochain gouvernement minoritaire. Il a présenté une excellente équipe de candidats expérimentés et avec 48 sièges à l’Assemblée nationale, il devra proposer des programmes qui collent vraiment à la réalité s’il veut redonner du poil de la bête à son parti.
Nous avons démontré une très grande confiance à Mario Dumont et à son parti de l’Action Démocratique du Québec. Il le méritait si ce n’est qu’à cause de l’excellente campagne d’idées qu’il a menée. Dès le déclenchement de l’élection, j’ai ressenti la venue de Mario, comme en fait foi mon blog du 17 février dernier "Mario, s'en vient... ", et il a beaucoup mieux performé que j’avais pu imaginer. Ce fut toute une surprise !
De toute évidence, son équipe n’était pas préparée à diriger le gouvernement. Mario pourra maintenant, comme chef de l’opposition, distribuer les tâches d’un cabinet fantôme à sa députation de 41 députés et ces nouvelles responsabilités permettront à chacun d’acquérir une expérience parlementaire essentielle pour bien gouverner.
De plus, l’ADQ sera enfin reconnu comme un parti officiel par la loi (avec 5 députés, il n’avait pas ce statut que le parti Québécois luiavait refusé au lendemain de la dernière élection). Il recevra ainsi, et cela est fort important, des fonds publics en proportion de l’appui que les Québécois luiont donné. Ils permettront à l’ADQ d’améliorer son service de recherches, de recruter une équipe de conseillers spécialisés et ferrés pour bien rechausser ses idées, et de recruter des Québécois et Québécoises capables de remplir des postes de premier plan dans une futur gouvernement Mario Dumont.
Enfin, nous avons renvoyé le parti Québécois à la troisième place avec suffisamment de députés (36) pour demeurer encore un parti dynamique. Son chef André Boisclair a mené une campagne d’enfer mais il avait au pied le boulet de la promesse d’un référendum. Il affirmait, après le « débat des chefs », que le vent s’était soudainement élevé et que les voiles du parti étaient gonflées. Je n’ai jamais cru cela et mes chroniques passées en faisaient état.
Je voyais Boisclair voué à l’échec à cause de sa position ferme, ouverte et enthousiaste pour la tenue d’un autre référendum au Québec sur la séparation de l’ensemble Canadien. Elle l’a coulé. Ce fut l’erreur magistrale des séparatistes « purs et durs » de son parti de lui avoir imposé cette partie de la plateforme électorale péquiste. Ça allait à l’encontre du gros bon sens des Québécois, à ce moment ci de leur histoire, et il a payé cher en ne récoltant que 28% des suffrages. Comme Perrette, il a trébuché : Adieu veau, vache, cochon, couvée…
Nous avons donc un nouveau gouvernement minoritaire et il existera sûrement pour plus d’une année car ni le Parti Libéral ni le Parti Québécois ne voudront aller en élection à courte chance contre l’ADQ de Mario. C’est donc une belle opportunité pour voter à l’Assemblée Nationale des lois qui peuvent vraiment changer les choses au Québec. Particulièrement dans le domaine de la santé.
J’ai déjà écrit que j’aime bien l’idée de Mario de donner une part à la médecine privée pour régler les problèmes de soins qui affligent notre population et les hôpitaux. Le meilleur système de santé au monde, reconnu par l’ONU, est celui de la France. C’est un système où l’État et le privé sont solidaires et conjoints. Je peux affirmer, pour en avoir utilisé les services, qu’il n’y a pas de file d’attente aux urgences françaises et que les soins sont de première qualité. Pourquoi, ne pourrions-nous pas faire de même chez nous ? Avec le PM Charest, qui je soupçonne est d’accord avec la participation du privé, et Mario, qui la préconise depuis plusieurs années, je crois le temps idéal pour implanter cette idée dans nos lois.
J’espère aussi que Mario saura reconnaître la justesse de la baisse d’impôt pour les Québécois, proposé par le PM Charest, avec l’argent neuf venant du fédéral pour le règlement du déséquilibre fiscal et accordera ce congé fiscal à tous. Le besoin se fait de plus en plus sentir. De plus, une telle mesure égaliserait davantage le fardeau fiscal des Québécois avec ceux des autres provinces canadiennes, et moins des nôtres déménageront vers les autres provinces.
Quant à la prochaine élection, Mario Dumont et son parti partent grands favoris. S’ils agissent bien, et j’ai confiance qu’ils le feront, l’affaire sera dans le sac pour eux. Quant aux autres chefs, je crains qu’ils ne soient plus, alors, à leur poste. De toute vraisemblance, Jean Charest n’obtiendra pas la confiance de son parti et André Boisclair, non plus. Ils ont chacun ma sympathie mais il faut bien être réaliste : le premier a fait son temps et le second, avec le score qu’il a obtenu, a démontré qu’il n’est pas à la hauteur des attentes des Québécois.
Le Parti Libéral sera probablement dirigé par le docteur Philippe Couillard, ministre de la Santé, qui projette l’image d’un homme sérieux et d’avant-garde. Mais je crains que cela ne soit pas suffisant pour arrêter le Super Mario. Quant au Parti Québécois, il voudra atténuer le mauvais reflet de sa défaite en cherchant à démontrer que les votes des partis Québec Solidaire (4%) et des Vert (4%) sont en fait des votes péquistes, ce qui est loin de la réalité. Le parti se donnera un nouveau chef qui, lui aussi, sera enchaîné par les séparatistes du parti et sera, par conséquent, voué à continuer à perdre des plumes. C’est peut être l’histoire de l’ex Union Nationale de Duplessis qui se répète.
En tout cas, je félicite les Québécois et les Québécoises de leur gros bon sens et de nous avoir donné le meilleur gouvernement possible dans les circonstances.
Claude Dupras