Le prix de la plus petite victoire était énorme
et la lutte n'avait pas de fin. Déjà à ses débuts
au Transvaal, des satyagrahis perdirent tous leurs biens; sur 13,000
Indiens vivant dans cette province, 2,500 étaient en prison et
6,000 en avaient été chassés.
Certaines campagnes de satyâgraha ont été
plus pénibles que d'autres et l'une d'elle a même eu des
conséquences désastreuses. Le peuple n'était près
à un tel sacrifice; dans quelques grandes villes, les manifestants
ont répliqué à la provocation par la violence.
Le contrôle de millions de personnes n'est pas une chose facile
et le Mahatma l'a appris de façon dramatique.
Ce mouvement de résistance était extrêmement
exigeant pour les satyagrahis. Seul le Mahatma avait la force de caractère
et la foi inébranlable en la vérité le pour maintenir
vivant après les pires épreuves. Gandhi parvint à
reprendre le contrôle de la situation et les futures campagnes
se déroulèrent sans désordre.
Nous l'avons vu dans un article précédent
lors de la Marche du sel, le satyâgraha exigeait d'endurer les
pires violences sans répondre par la violence ni même sans
tenter de l'éviter. On a vu les satyagrahis se présenter,
en silence, les bras baissés, devant les soldats qui leur fracassaient
le crâne à coup de lathis.
Les femmes ramassaient les morts et les blessés
et aussitôt, dix autres satyagrahis prenaient la relève.
Le sacrifice de ces gens a été plus puissant que toutes
les armes connues. Il a mené l'Inde à sa libération.
Le tout puissant Empire britannique a dû plier
l'échine et quitter le pays.
Gandhi avait triomphé à force de courage
et de persévérance.
Le satyâgraha avait fait ses preuves.