La guerre
Le pape Pie XI meurt le 10 février 1939. Le deuil touche profondément la famille
et c’est la première fois que Jean-Claude, qui aura bientôt sept ans, est marqué
par l’importance du pape pour chaque catholique. C’est le Saint-Père, le guide
spirituel. Quelques semaines plus tard, le 3 mars, un nouveau pape est choisi
par le conclave réuni à Rome dans la chapelle Sixtine et le cardinal Eugenio
Pacelli, cardinal et secrétaire d’État (ministres des affaires étrangères) du
Vatican, devient le nouveau pape et prend le nom de Pie XII. On le dit proche de
Chamberlain et du premier ministre français Daladier, partisans de
l’accommodement avec le führer.
Hitler, après voir envahi le Sudetenland suite à l’accord de Munich, entreprend
d’occuper le reste du pays. Il persuade les Slovaques de réclamer leur
indépendance et incite le président de ce qui reste alors de la Tchécoslovaquie,
après un chantage éhonté, à annoncer à son peuple qu’il a remis avec confiance
l’avenir de son pays entre les mains du Führer du Reich allemand. L’armée
allemande entre dans Prague. Ce soir là, Hitler pavoise dans le château des
anciens rois de la Bohème. Le 31 mars 1939, Chamberlain et la France dénoncent
ces manigances qui violent à leurs yeux l’entente de Munich et ils avertissent
Hitler que toute nouvelle attaque contre un autre pays, la Pologne est dans sa
mire, sera considérée comme une déclaration de guerre.
Par ailleurs, Hitler confirme l’existence d’un pacte militaire avec l’Italie de
Mussolini et il ordonne à ses généraux de préparer une invasion de la Pologne
pour le 1er Septembre. Le 23 août, le monde entier est choqué d’apprendre que
deux hommes cyniques sans cœur ni âme, Adolf Hitler et Joseph Staline, ont signé
ensemble un pacte de non-agression. Aussitôt, Chamberlain avise le Führer que ce
pacte ne change rien et que s’il envahit la Pologne, c’est la guerre. Roosevelt
lui écrit pour connaître ses intentions et Hitler lui répond dans un discours au
Reichstag qu’il n’a « aucune intention de procéder contre la Pologne ». Personne
ne le croit. Le matin du vendredi 1er septembre, à l’aube, l’incroyable machine
de guerre allemande envahit la Pologne et écrase facilement une bien brave armée
polonaise mais fort mal équipée.
Le 3 septembre, l’Angleterre, la France, l’Australie et la Nouvelle-Zélande
déclarent la guerre à l’Allemagne. Le 5 septembre, les États-Unis proclament
leur neutralité. Le Canada ne dit mot. La deuxième guerre mondiale vient de
commencer.
