La bulle verte
 

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mercredi 6 juin 2007

 

la bulle verte

Confiant


Le président américain mise aujourd'hui sur les nouvelles technologies pour régler le problème du réchauffement climatique. Les Américains n'ont pas attendu son message pour agir. En effet, ils ont depuis quelques années réalisé le potentiel extraordinaire qui attend les créateurs de ces nouvelles technologies.

 

En 2005, les pays du G8 estimaient à 16,000 milliards de $ les investissements durant les 25 prochaines années dans les systèmes énergétiques. En 2006, 55,4 milliards de $ ont été dépensés et la progression du marché des énergies propres explosera dans les prochaines années et au minimum quadruplera d’ici 10 ans.

 

Silicon Valley, le paradis des high-tech et du génie de l’information, a attrapé la fièvre de la technologie verte. On parle maintenant de clean tech (certains disent green tech). C’est en fait une nouvelle ruée vers l’or, mais cette fois il est vert.

 

Les jeunes milliardaires du Web, héritiers de l’économie informatique des années ’90, ont trouvé un nouvel engouement pour l’énergie propre. Depuis les trois dernières années, ils y investissent leurs talents et leurs fortunes. Ils cherchent des idées, des inventions et des brevets. Une nouvelle économie « verte » s’est créée et est en pleine expansion.

 

En plus des éoliennes, du solaire, des biocarburants, des matériaux moins polluants, et autres, le clean tech, nourri par l’argent de ces joueurs qui aiment prendre des risques avec leur capitaux, ajoute à la technologie verte la matière grise et l’innovation.

 

Que ce soit des placements dans des projets très « expérimentaux », dans la production de « films ultraminces photovoltaïques » pour panneaux solaires à bas prix, la construction de « la plus grande usine solaire au monde d’une capacité de 430 mégawatts », les raffineries bio ou même la création de l’institut « Energy Bioscience » de Berkeley pour le développement des biocarburants, partout l’argent coule à flots. Déjà « plus de 3 milliard de $ ont été investis en 2006 dont 1,3 milliard de $ pour les énergies renouvelables ». *

 

Ces jeunes américains ne sont pas nécessairement motivés par un sentiment social pour combattre le réchauffement climatique. C’est le potentiel d’une nouvelle explosion de la valeur de leur argent qui les motive.

 

Non seulement verront-ils l’économie de leur pays grossir et les emplois se multiplier, mais ils feront fructifier leurs capitaux. 

 

Alors que la demande de fonds va exploser dans les prochaines années, tous les petits investisseurs du monde seront invités à y participer et ils voudront aussi en profiter.

 

Mais comme toujours, l’emballement guette…

 

Investir dans le clean tech ? Oui ! Mais gare à ceux qui oublieront l’explosion de la bulle technologique, car la « bulle verte » pourrait connaître le même sort. Il faudra savoir sortir à temps !

 

Claude Dupras

 

ps.  * données du journal Libération