Je viens de réaliser que la décision de changer le nom de l’avenue du Parc, à Montréal, incorpore celui de la rue Bleury. Étant en France, je n’avais pas saisi cette nuance. Cette artère commerciale du bas de la ville prend origine au grand rond point de l’avenue des Pins qui vient tout juste d’être modernisé. Il porte le nom d’un illustre avocat, collègue et aussi adversaire de Louis-Joseph Papineau, chef du parti Canadien dans les années 1830. De plus, une opinion au Devoir énonce : « … la rue de Bleury nous est d'abord précieuse à cause de son nom. Arrivée en Nouvelle-France au moment de la guerre de la Conquête, la famille des Sabrevois de Bleury s'illustre d'abord sur les champs de bataille avant d'investir les seigneuries et les professions libérales ». Bleury est donc un nom attaché à notre histoire de la survie du peuple Canadien français et mérite d’être conservé d’autant plus qu’aucune autre rue ne porte ce nom.
Une lectrice de mon blog me souligne que l’avenue du Parc rappelle notre fierté d’avoir le parc du Mont-Royal et que cet argument, à lui seul, mérite qu’on le conserve car il fait partie de notre patrimoine. Il est vrai que la montagne est unique et qu’aucune autre ville ne peut se vanter d’avoir un tel espace vert en son centre. C’est le joyau des Montréalais et des Montréalaises et ils en profitent largement.
Devant le fait que le maire veuille changer le nom de Bleury et de l’avenue du Parc pour en faire une grande artère nord-sud du nom de Robert-Bourassa, je crois que ce serait une erreur car elle nous enlèvera des points de repère importants de notre passé. Je reviens à ma suggestion contenue dans mon blog du 1er novembre 2006 à l’effet que le maire change les noms de rues qui n’ont pas de signification importante ou qui soulignent des moments malheureux de notre passé. Il y en a plusieurs.
Claude Dupras