mercredi 1 novembre 2006 l'avenue Robert-Bourassa
Heureux
Ce n’est pas tous les jours qu’une statue est érigée sur les terrains de l’Assemblée nationale du Québec pour commémorer un copain que l’on a connu à l’Université. C’est le cas pour Robert Bourassa, ex premier ministre du Québec.
J’ai eu le plaisir de siéger avec lui au conseil des étudiants de l’Université de Montréal, l’AGEUM, alors qu’il était délégué de droit et que je représentais Polytechnique. J’ai apprécié alors sa finesse intellectuelle et son habilité à faire valoir ses idées. Il aimait la politique et était alors ouvertement libéral. J’ai été surpris de le voir, à peine quelques années plus tard, devenir le chef du parti libéral du Québec et se faire élire PM. Il a bien agi mais a perdu le pouvoir et est retourné vers l’oubli. Quelle ne fut pas ma surprise de le voir revenir, quelques années après, à la tête de son parti et se faire réélire PM ! Bon économiste, il a mis l’accent sur l’importance d’harnacher nos rivières par des barrages hydro-électriques. Aujourd’hui, le Québec profite largement de ces installations par les ventes de l’électricité excédentaire aux Américains. « C’est notre or noir », comme il aimait à dire.
Malheureusement, il est décédé jeune. Aujourd’hui, suite à la décision de l’Assemblée Nationale d’ériger son monument, la ville de Montréal veut changer le nom d’une avenue en son honneur. Je crois que c’est une très bonne idée. Il me semble normal et important que l’on souligne à Montréal, les hommes et les femmes qui ont marqué, par leurs actions, la métropole. Bourassa, comme René Lévesque ou Pierre-Elliot Trudeau, a aidé notre ville et notre province. Demain ce sera Brian Mulroney, Gérard Parizeau et d’autres qui devront mériter cette marque de reconnaissance.
Par contre, plusieurs rues de Montréal portent les noms de personnes du temps du régime anglais que l’histoire rapporte avoir agi injustement envers les Canadiens français, à cette époque. Au lieu de changer le nom de l’avenue du Parc, comme le propose le maire, il me semble qu’il serait opportun de choisir une de ses rues pour honorer Robert Bourassa et rectifier ainsi quelque peu ce passé malheureux. Les noms de rues de notre ville contribuent à l’image de Montréal et doivent bien représenter ceux ou celles qui ont vraiment aidé sa population, qu’ils soient Anglais, Français ou de d'autres nationalités.
Claude Dupras