Ingérence, impôts
 

Accueil • Début

 

samedi 24 mars 2007

 

ingérence, impôts

Coquin


Je suis toujours renversé de voir tous les gouvernements, ou presque, se prêter au jeu de gagner des votes sur le dos des payeurs de taxes en présentant des budgets dit électoraux. À mon avis, tout budget devrait être pensé en fonction du meilleur intérêt futur du pays et non pour conserver le pouvoir. 

 

La date de la présentation du dernier budget fédéral fut mal choisie. Le PM Harper semble l’avoir déterminée dans le but de pouvoir présenter la mesure budgétaire sur le règlement du déséquilibre fiscal en pleine campagne électorale québécoise. Il aurait dû remettre la date de quelques semaines plus tard, car il risquait d’influencer le choix des Québécois.

De plus, de son banc de premier ministre à la Chambre des communes, il a annoncé ne pas vouloir négocier le transfert de points d’impôts ou une limite du pouvoir de dépenser du fédéral si le parti Québécois gagne cette élection. C’est irrecevable. Il semble dire que le gouvernement du Canada n’est pas celui de tous les Québécois. C’est eux seuls qui doivent décider du choix de leur gouvernement et cela sans que leur gouvernement fédéral vienne s’en mêler. Cette ingérence évidente n’est toutefois pas une raison pour voter pour le PQ, car, séparatistes ou fédéralistes, les Québécois ne l’acceptent pas. 

 

Le Canada connaît des années de surplus financiers extraordinaires. Nous sommes le seul pays du G8 à faire un surplus et le seul à rembourser annuellement sa dette. Celle-ci est devenue la plus basse de tous. Cela est à l’avantage des prochaines générations de Canadiens qui ne pourront dire que nous leur avons laissé des dettes nuisant à leur développement. Mais il ne faut pas exagérer comme veut le faire le ministre des Finances qui veut acquitter toute notre dette nationale, d’ici 15 ans. Si le Canada a tant de surplus, c’est que nous sommes beaucoup trop taxés. Nous payons, en effet, les plus haut taux d’impôts du continent américain. 

 

Que le gouvernement fédéral aide, dans un premier temps, les plus démunis et les familles canadiennes en besoin, j’en suis sincèrement. Cette année, il leur dédit pour l’avenir plus de 3,6 milliards de $ par année, soit l’équivalent des intérêts économisés de la dette remboursée.  

 

Mais les autres Canadiens qui subissent l’augmentation du coût de la vie n’ont pas d’ajustement. Il faut penser aussi à eux car ils ont des fardeaux de dépenses qui grimpent sans cesse, des dettes croissantes et ils peinent à rencontrer les deux bouts. Surtout les jeunes, qui payent de grosses hypothèques et sur lesquels plane le danger réel de manque de fonds si l’économie chute.

 

Le PM Harper parsème à tous vents des sommes importantes pour plaire à la partie de l’électorat qu’il cherche à amadouer afin de gagner une majorité à la prochaine élection fédérale. Il cache ainsi certaines politiques avec lesquelles les Canadiens ne sont pas en accord comme sa politique militariste qui nous coûte des sommes inouïes de plus que lors des années récentes.

 

C’est facile de dépenser et de gouverner lorsque les milliards de $ rentrent à la poche et qu’ils sont le fruit des gouvernements précédents. Il est temps que le PM canadien réalise que l’heure est venue d’aider la classe moyenne et de diminuer les impôts de tous.

 

Et que dire du PM Charest qui promet, depuis la présentation du nouveau budget national, d’allouer plus des trois quarts des 919 millions de $ d’argent neuf alloués pour le déséquilibre fiscal (et non capitalisés dans les finances du Québec) pour une réduction d’impôt aux Québécois. Je crois que c’est une bonne idée même si cela semble être un geste électoral.

 

Pour sa défense, on peut dire que si le montant du règlement du déséquilibre fiscal avait été connu avant la présentation du dernier budget provincial, la nouvelle baisse d’impôts, proposée actuellement par le PM Charest s’il est élu, en aurait fait partie car le gouvernement s’est engagé à rencontrer toutes les dépenses pour les services sociaux, de santé et d’éducation. D’autant plus, qu’il avait promis de réduire les impôts à sa dernière élection.

 

De toute façon, elle laissera plus d’argent dans les poches des Québécois et aidera l’économie comme nous le démontre l’effet positif des baisses d’impôts aux USA. Ajoutée à la diminution d’impôt proposée dans le budget fédéral, ça commence à « minoter » !

 

Claude Dupras