mardi 27 février 2007
Harper, le magicien !
Surpris
Un récent sondage d’Allan Gregg, le sondeur canadien renommé, indique que le PM Stephen Harper bouge dans les sondages. Sa cote personnelle et celle de son parti montent. Les Canadiens le voient comme le chef fédéral le plus décisif et celui qui a la vision la plus claire du destin de leur pays.
La campagne publicitaire et négative à la télévision, du parti Conservateur contre le chef libéral Stéphane Dion, a porté fruit. Il est triste de constater que le PM Harper ait jugé bon de procéder à de telles démagogies pour salir son adversaire. Mais il est encore plus triste de constater que beaucoup de Canadiens sont tombés dans le piège et se sont laissés impressionner par des arguments faux et fabriqués par l’entourage du PM.
Alors que plusieurs espèrent que les idées prennent plus de place dans le débat politique, ces résultats démontrent bien que la politique demeure toujours un commerce d’images et d’illusions.
Le sondage place le parti conservateur du Canada à 34%, les libéraux ont perdu six points et se retrouvent à 29%, le NDP touche 14% et le parti vert a grimpé rapidement à 12%. Le sondage indique aussi que malgré que les électeurs soient divisés quant aux partis, une majorité d’entre eux reconnaît que le PM se présente bien, est sympathique et s’efforce réellement de respecter ses promesses électorales. Ils l’aiment. Son nouveau pouvoir lui donne un avantage et il sait bien en profiter.
Les organisateurs du parti Conservateur sont enthousiasmés, par ce nouveau « momentum » de leur parti, et pressent leur chef d’aller en élection pour obtenir le mandat de gouvernement majoritaire. Je conseille au PM Harper d’attendre et de déterminer si cette tendance nouvelle se concrétisera.
Il ne doit pas oublier qu’il y a à peine un mois, Dion le devançait dans les mêmes sondages. De plus, que son nouveau score de 34% se situe à 3% plus bas que celui qu’il a obtenu à la dernière élection générale, il y a un an. S’il y trouve le potentiel d’une grande victoire, je ne serais pas surpris qu’il déclenche une élection générale en avril ou en mai prochain.
Il attendra sûrement le résultat de l’élection québécoise du 26 mars prochain avant de se décider. Si Jean Charest et son parti libéral gagnent une majorité comme prévue, ou que Mario Dumont et son parti de l’ADQ remportent un nombre important de sièges et que le gouvernement Charest devienne minoritaire, il y aura une élection fédérale à courte échéance.
Par contre, si André Boisclair et son parti Québécois gagnent, cette victoire viendra changer la donne et les plans du PM Harper, car les séparatistes nous engagerons alors dans le processus d’un nouveau référendum.
Quant au Bloc Québécois, aux prises avec des problèmes financiers et un niveau de popularité qui ne cesse de décroître au Québec, il n’est pas pressé d’aller en élection malgré que son chef fasse le jars sur ce sujet en menaçant à tout bout de champ le PM. La crédibilité du Bloc baisse lentement mais sûrement, car de plus en plus de Québécois comprennent mieux que des députés séparatistes à Ottawa, çà n’avance à rien !
D’autant plus que le chef ne respecte pas sa parole. Par exemple, Gilles Duceppe a juré à tous les saints, lors de la dernière élection générale, que chacun de ses députés remplirait complètement son mandat et ne démissionnerait pas pour se présenter à un autre niveau politique. Trois de ses députés, dont un des plus importants, Loubier de St-Hyacinthe, viennent de quitter leur poste de député fédéral pour devenir candidats du Parti Québécois. C’est pas beau, ça ?
Le vide laissé par le Bloc se comble par le parti de Stephen Harper. Sa motion de reconnaissance de la nation québécoise est le stimulant qui explique ce mouvement.
Intelligent, le PM Harper fait voir une habilité de penser clairement, d’agir convenablement, d’être réservé et calme sous la pression politique. Il donne l’impression qu’un vrai chef est au gouvernail du pays, que sa capacité de décision est indépendante de ses émotions, qu’il n’est pas dirigé par les « back room boys », qu’il agit de plus en plus dans l’intérêt de tout le pays et non seulement d’une région. Il démontre des qualités de chef importantes.
Malgré que les Canadiens soient en profond désaccord avec ses politiques principales, telles : sa volonté de ne pas respecter le protocole de Kyoto, son militarisme exagéré, sa faiblesse sur le plan international marquée par ses positions unilatéralistes, son ardeur à développer les sables bitumineux sans tenir compte du réchauffement climatique, l’approche fasciste de certaines lois sur la sécurité proposées par son ex ministre de la Justice, son intrusion dans le choix des juges, son approche antisocial à la « Reform Party » comme ses coupures budgétaires de programmes qui aidaient les défavorisés…; le Parti Conservateur monte dans les sondages même s’il est reconnu qu’il y a peu de talents dans cette équipe.
Face à cet état de fait, on peut en conclure que le PM Harper est le magicien de la politique canadienne.
Claude Dupras