Dion doit rester
 

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17 octobre 2008

Dion doit rester

Depuis la défaite du parti libéral du Canada à l’élection du 14 octobre, on entend des échos à l’effet que le chef Stéphane Dion doit démissionner. Quelques membres du parti, les médias et d’autres affirment qu’il va ou devrait quitter la direction du parti immédiatement. De son côté, le soir des élections, Dion s’est dit prêt à agir comme chef d’opposition à la Chambre des Communes, donc à demeurer à la tête du parti libéral.

Je crois que Stéphane Dion doit rester. J’ai une grande admiration pour cet homme car il est intelligent, honnête, courageux, vrai et sincère. Il a pris la direction du parti libéral alors que celui-ci était entaché par l’immense scandale des commandites qui fut la raison principale de la défaite de son prédécesseur Paul Martin et du retour du parti libéral sur les bancs de l’opposition. De plus, Dion a hérité d’un parti endetté jusqu’au cou et impopulaire.

Face au nouveau gouvernement, il a bien joué son rôle de chef de l’opposition. Petit à petit, Dion a réussi à regarnir les coffres du parti. Quant au recrutement des candidats pour l’élection, il a réussi, malgré les difficultés, à présenter une équipe exceptionnelle capable de diriger un bon gouvernement.

Mais ce qui est plus important, Stéphane Dion a eu le courage de proposer aux Canadiens un programme politique sérieux et d’envergure et de faire appel à leur sens des responsabilités. Le programme que l’on a surnommé « la taxe sur le carbone » répondait bien au problème de l’heure : le réchauffement climatique de la planète. Il a été salué comme étant d’avant-garde et réaliste par des centaines d’organismes environnementaux et un grand nombre d’économistes. D’ailleurs, un tel programme est appliqué avec succès dans certains pays scandinaves.

Malgré que je croie que Stéphane Dion aurait pu devenir un grand premier ministre pour notre pays, je reconnais qu’il a fait quelques erreurs de stratégie dans sa campagne. Le PM Harper en a fait encore plus, de son côté. Mais il faut reconnaître que la campagne libérale fut positive par rapport au négativisme de celle du parti conservateur. De plus, il ne faut pas oublier les campagnes publicitaires à grands frais, de ce dernier, avant le déclenchement des élections pour dénigrer la personne de Stéphane Dion. Celui-ci fut vraiment sali dans le Canada anglais. Agir ainsi est une vraie honte pour notre système politique.

Malgré la défaite, malgré que les libéraux aient vu leur nombre de députés diminuer appréciablement et malgré le désappointement amer qu’ils vivent, les libéraux devraient y penser à deux fois avant de limoger leur chef.

Stéphane Dion a sûrement beaucoup appris de cette première expérience électorale et ne sera plus jamais le même chef. Il deviendra inévitablement meilleur et je crois qu’avec les qualités personnelles qu’on lui connaît, il sera le grand chef dont les libéraux rêvent. Ceux-ci devraient attendre au moins un an avant de juger de son avenir et de leur. Ce n’est que juste et sage.

Claude Dupras