samedi 23 juin 2007
Agglo ou anglo ?
Frustré
C’est à se demander si le PM Charest lorsqu’il voit le mot agglo pense anglo. Je l’aime bien notre PM. Je suis de ceux qui pensent qu’il fait un bon travail pour le Québec. Mais, sur la question des agglomérations des villes fusionnées et ensuite dé-fusionnées, je ne le suis pas et je le dénonce vertement. Il me donne l’impression de ne faire que de la petite politique sur ce sujet.
Tout le méli-mélo municipal d’aujourd’hui est en vérité la faute première de Lucien Bouchard, l’ex PM du Québec, qui proposa le regroupement de villes et de municipalités, nonobstant les résultats fortement négatifs des référendums démocratiques tenus dans la presque totalité des villes visées, Bouchard décida quand même d’imposer la fusion. Je m’opposais, alors, à cette façon de faire à cause, justement, de l’opinion fortement majoritaire des citoyens de ces villes.
Quant à Montréal, j’estimais que la Communauté Urbaine de Montréal, où étaient regroupées toutes les villes de l’île, fonctionnait relativement bien et qu’il ne s’agissait que d’augmenter son mandat pour répartir plus justement les charges financières à tous les contribuables de l’île. Que de débats, d’argent, de temps nous aurions sauvés si Montréal avait suivi ce chemin !
Malheureusement, le Maire Bourque repris l’idée, d’un autre temps, du maire Drapeau, « une île, une ville », et accepta de collaborer avec Bouchard. La fusion se fit. Les deux se pétèrent les bretelles !
Jean Charest devenu PM voulu respecter sa promesse électorale aux villes fusionnées de tenir des référendums locaux sur la question pour déterminer, après le fait, si les contribuables étaient toujours en accord avec la fusion de leur patelin. Charest ne tint pas compte que des centaines de millions de $ avaient été dépensés et que les nouvelles grandes villes avaient atteint, après un départ hésitant, leur vitesse de croisière.
Je m’opposai encore mais cette fois contre la dé-fusion. C’est bien beau jeter l’argent par les fenêtres et jouer avec les structures, mais à un moment donné, il faut que cela arrête.
À Montréal, les votes référendaires furent favorables à la séparation dans 15 villes où vit généralement la population anglophone (sauf Montréal-est) et qui appuie largement le parti libéral. Ces dernières durent, cependant, accepter de participer à un Conseil d’Agglomération pour la gérance de services municipaux communs et un partage financier plus équitable. Elles n’y pèsent pas beaucoup, puisque la votation est basée sur la démographie de chacune d’elle par rapport à l’ensemble du grand Montréal.
Elles ne sont pas heureuses et l’ont exprimé clairement lors de la dernière élection québécoise. Encore une fois, c’est pour répondre à leur désir que le PM Charest propose une nouvelle structure intermédiaire entre la grande ville et les banlieues.
Il veut créer un Secrétariat d’Agglomération. Cette structure de 10 à12 fonctionnaires devra aider les maires de banlieue à mieux comprendre les décisions du Conseil d’Agglomération, pourra vérifier l’administration de Montréal en rapport avec ces décisions et faire des recommandations au Conseil d’Agglomération.
Pourtant tous les documents produits par la fonction publique montréalaise sont déjà disponibles pour les banlieues. De plus, toute décision du Conseil d’Agglomération peut être soumise « en opposition » par les villes de banlieue, s’il y a injustice ou autre chose, pour être reconsidérer par le ministère qui peut la changer ou l’annuler.
La ministre des Affaires Municipales, Nathalie Normandeau, parle d’une direction de ce Secrétariat par cinq maires dont trois issus des banlieues même si ces dernières ne représentent que 13% de la population de l’île. Évidemment, les frais du Secrétariat devront être payés par le Conseil d’Agglomération, donc 87% par les Montréalais. Belle affaire !
À mon avis, ces recommandations farfelues découlent du fléau de la « structurite » dont sont infectés les fonctionnaires des Affaires Municipales du Québec. Si les banlieues veulent 12 fonctionnaires (recherchistes, analystes et fauteurs de troubles) pour trouver des poux, qu’ils se les engagent eux-mêmes. C’est moins d’un par ville. La riche ville de Westmont pourrait aider ses collègues banlieusards en en payant deux elle-même. Le poids serait alors moins lourd pour les petites villes.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a raison de s’offusquer et les Montréalais et Montréalaises se doivent de le supporter. Il faut que les tracasseries administratives et d’organisation de la ville de Montréal et de ses banlieues cessent. Nous avons beaucoup à faire. Tous nos efforts pour redresser notre métropole doivent être faits dans la bonne direction et ensemble.
Claude Dupras